web analytics

Archives mensuelles : décembre 2014

« CONCEPT-PROPRIÉTÉ »
Par définition, la propriété est le droit exclusif d’utiliser un bien.  S’approprier, c’est donc exclure. « Ceci m’appartient » signifie « Ceci  ne t’appartient pas ». 
 Le besoin de manifester un tel droit exclusif s’observe chez les  animaux, lorsqu’ils marquent leur territoire. Chacun, par ce moyen,  prolonge l’objet qu’est son corps en lui annexant un ensemble d’entités  qui ne font pas réellement partie de ce corps, mais qui participent à la  définition de son domaine. Au contact des biens qui lui appartiennent,  sur lesquels il a apposé sa marque, chaque vivant se ressent, lui qui  est si vulnérable, comme recouvert d’une cuirasse protectrice. 
 Pour l’être humain, plus que pour tout autre animal, ce comportement est  exacerbé par une caractéristique qui lui est propre : la  pensée de  l’avenir submerge, chez lui, la conscience du présent ; chaque jour est  consacré à la préparation du suivant, ce qui génère une angoisse  permanente. Il ne peut retrouver un peu de stabilité, de sérénité, qu’en  créant des liens entre  sa personne provisoire et des objets durables ;  l’appropriation est la manifestation de ce besoin. 
 Il n’est donc pas étonnant que la plupart des constitutions fassent  figurer le droit de propriété dans la liste des Droits de l’Homme. Il  s’agit d’assurer la stabilité du cadre au sein duquel se construisent  les personnes. Initialement, la propriété évoquée par ce droit était  celle de biens utiles à la vie quotidienne ou au maintien de la cohésion  sociale. Le champs de l’appropriation s’est progressivement élargi et  s’est éloigné de ce qui le légitimait. De nombreuses sociétés ont  complété le droit d’usage par le droit de transmission sous la forme de  l’héritage ; l’appropriation a ainsi été étendue au-delà de la  succession des générations. Mené à son terme, ce processus ne peut  aboutir, dans un univers limité, qu’à un blocage généralisé par  épuisement des biens encore disponibles. 
 Mais surtout, le droit « d’user » est devenu le « droit d’abuser », et  même le droit de détruire. L’exclusion, qui est le prolongement logique  de l’appropriation, est alors définitive, irrémédiable. 
 Dans de multiples cas, le simple usage d’un bien entraîne sa  destruction. « User »  n’a donc pas le même sens pour un terrain que  l’on occupe ou un outil dont on se sert que pour une nourriture que l’on  consomme ou un carburant que l’on brûle. 
 Dans un monde où les ressources seraient illimitées dans l’espace et  dans le temps, ou tout au moins rapidement renouvelables, la destruction  n’aurait que des inconvénients provisoires. Elle peut, par contre, être  une catastrophe pour l’ensemble de la collectivité dans un monde tel  que le nôtre, caractérisé par sa finitude. Elle est alors un acte  irréversible, qui appauvrit  définitivement la collectivité.  S’approprier un bien non renouvelable pour le détruire est donc  un acte  pire qu’un vol, c’est un crime contre les humains à venir. 

La prise de conscience des limites de la planète impose donc une  limitation rigoureuse du droit de propriété dans tous les domaines. Un  équilibre  doit être défini et imposé entre ce qui est nécessaire à  l’épanouissement de nos contemporains et les besoins des humains à  venir. A coté de la propriété individuelle et de la propriété collective  doit être introduit le concept de propriété de l’espèce. Il doit  concerner aussi bien les richesses créées dans toutes les civilisations  par le développement des cultures que celles offertes spontanément par  la nature.

Ce concept a d’ailleurs été déjà introduit à propos des œuvres d’art ;  la cathédrale d’Amiens ou le temple de Borobudur appartiennent  définitivement à tous les hommes ; le portrait du docteur Gachet par Van  Gogh a été acheté, paraît-il, par un riche japonais, mais celui-ci  s’est vu refusé le droit de faire incinérer ce tableau avec son cadavre.  Ces monuments, ces chefs-d’œuvre, appartiennent à tous les humains pour  qui ils sont des sources d’émerveillement et  de fierté. Ils ne peuvent  participer aux transactions qui agitent les « marchés » ;  pour eux la  notion  de valeur est hors sujet. 

 Il est encore temps d’étendre, au nom des Droits de l’Homme, cette protection de la richesse de tous. 
 Albert Jacquard
Share Button
80 ans déjà !

La plupart d’entre d’entre nous n’étions pas encore nés au moment de la création de la station.

Céüze est encore vivante, grâce au travail acharné de quelques uns (et nous leur en sommes très reconnaissant).

Pour fêter dignement ses 80 ans balais,  toutes les associations de Manteyer et de la Roche des Arnauds sont invitées à une réunion qui se tiendra

Mardi 09 décembre à 19 heures  à la Mairie de MANTEYER

 

Share Button
Rechercher
Compteur de visite
Mes Statistiques
Calendrier
décembre 2014
L M M J V S D
« Nov   Jan »
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031