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Archives mensuelles : mars 2018

 

Les cinq démesures du système financier

Par Frédérique Bosqué

Parcours MLC – Les 5 clés de la métamorphose du système financier – Frédérique Bosqué from manteyer naturellement on Vimeo.

C’est l‘histoire de deux petits poissons qui nagent dans l’océan et rencontrent un vieux poisson accoudé sur ses nageoires. Il leur dit « Salut les ami-e-s, comment va l’eau aujourd’hui ? »… Les deux petits poissons se regardent étonnés et lui disent « Bonjour monsieur, c’est quoi l’eau ? ». La monnaie est aux citoyens ce que l’eau est aux poissons, ils n’ont pas conscience que sa qualité peut les tuer ou les émanciper.

En cinq points, nous allons prendre conscience de ce qu’est l’eau de l’économie….

1-L’euro, notre monnaie officielle disparaît progressivement au profit de la monnaie-dette.

La monnaie-dette forme aujourd’hui plus de 85% de la monnaie en circulation. Contrairement aux vrais euros, émis par la banque centrale européenne, qui eux restent en permanence dans l’économie, la monnaie-dette est détruite au fur et à mesure qu’on la rembourse. Son renouvellement continuel génère de plus en plus d’intérêts payés par les ménages, les entreprises et les Etats… jusqu’à leur inévitable défaillance. ​ Un seul exemple : entre 1980 et 2017 la dette de la France est passée de 200 milliards à 2 400. ​

2-L’épargne s’accumule sur les marchés financiers au détriment de l’économie réelle

 Si la richesse se crée quand la monnaie circule, aujourd’hui elle circule à 98% sur les marchés financiers. Si on résume en 24h une année de transactions, à 1h30 du matin, tous les échanges en monnaie nécessaires à produire des biens et de services sont terminés, puis, jusqu’à minuit ce ne seront que des transactions de monnaies pour spéculer sur la hausse ou la baisse du prix d’un actif financier.
Citoyens, associations, entreprises, collectivités territoriales et l’Etat, se disputent donc 2% des transactions. ​
Garderions-nous un poêle à bois qui sur 100% de bois brûlé restituerait 2% de chaleur ?
Non.

3-La monnaie ne compte plus ce qui a de la valeur pour nous

Mesurer la richesse d’une nation en monnaie (le fameux PIB) nous conduit à être aveugles concernant la création et la destruction des richesses sociales ; la création et la destruction des richesses écologiques.​ Un seul exemple : après le naufrage de l’Erika, pour nettoyer une plage bretonne du pétrole libéré sur les côtes, deux files humaines le ramassent. Pelles et seaux en main, l’une est composée de salariés de Total et l’autre de bénévoles. La destruction de milliers d’oiseaux et de plantes ne sera pas enregistrée par le PIB car la nature ne se fait pas payer. Au contraire, grâce aux salaires versés aux salariés de Total, le PIB augmentera ! En même temps, alors que les bénévoles font le même travail que les salariés, aucune richesse ne sera bien sûr comptabilisée par la nation. Comme la nature, les bénévoles ne se font pas payer.

4- L’euro, monnaie unique, choisit l’efficience contre la résilience

 Comme pour la monoculture agricole, où un seul parasite peut détruire la production de centaines d’exploitations, à cause de l’usage d’une seule monnaie et de l’interconnexion des marchés financiers, la défaillance d’un seul acteur peut détruire la valeur de milliers d’entreprises dans le monde.​ L’unification des règles des marchés financiers tue les petits producteurs qui pourtant enrichissent leur sol et produisent une nourriture saine, et enrichit les industriels américains qui détruisent la terre et l’eau sur des fermes de plusieurs milliers d’hectares.  Ainsi, l’accroissement des
volumes de transactions fragilise notre système financier. ​ A la moindre défaillance d’un des acteurs, c’est tout le système qui peut s’emballer, conduisant les acteurs à une défaillance en chaîne et à terme à un effondrement financier.

C’est ce que nous avons évité de justesse en 2008 avec la trop fameuse crise des subprimes. ​ A-t-on modifié les règles du jeu depuis ?

Non. ​ Notre système financier résistera-t-il à la prochaine crise? A mon avis, non.

5-La monnaie n’est plus gouvernée par ceux qui l’utilisent

Aujourd’hui la monnaie est gérée loin de ceux qui l’utilisent avec des règles du jeu qui sont loin de celles de la démocratie. ​Ceux qui utilisent la monnaie les subissent et constatent qu’elles sont appliquées de façon arbitraire. L’une d’entre elles, la sacro-sainte règle de la «stabilité des prix», tire tous les prix à la baisse. ​ Elle donne l’avantage aux produits «discount», grâce à un dumping social, écologique et fiscal, face à des produits respectueux des humains et de la nature mais forcément à un prix plus élevé.
Mais à ce niveau les prix de ces produits, veulent-ils encore dire quelque chose quand toutes les externalités négatives (pollution, casse sociale,…) sont reportées sur les générations futures ?

Conclusion

1. Une monnaie publique remplacée par des crédits qui endettent les acteurs jusqu’à la défaillance​
2. Une circulation de la monnaie à 98% sur les marchés financiers au détriment de l’économie réelle ​
3. Un indicateur qui ne mesure que la valeur monétaire au détriment de la valeur sociale et écologique ​
4. L’euro, monnaie unique, fait le choix de maximiser l’efficience contre la résilience ​
5. Enfin, des règles monétaires qui s’appliquent en fonction du poids monétaire de chacun et que subissent des acteurs qui ne les ont pas choisies ​

Voilà résumée la qualité de l’eau-monnaie que respirent chaque jour les poissons-citoyens…
Mais contre toute attente, si petits soient-ils, ils peuvent, oui ils peuvent à partir du milieu immédiat où ils nagent, changer la qualité de l’eau qu’ils respirent… justement car ce sont eux qui la respirent. Pour cela, ils devront inspirer de l’euro et en expirant faire de cette monnaie des bulletins de vote, une monnaie citoyenne ! ​

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C’est quoi une monnaie locale complémentaire ? Comment ça marche ?

Par Anne-Cécile Ragot


Parcours MLC – Comment fonctionne une MLC _ – Anne-Cécile Ragot from Samuel Revelard on Vimeo.

 

Quelle économie locale souhaitons-nous voir se développer ou se renforcer sur notre territoire?

C’est la question essentielle qui se cache derrière un projet de monnaie locale et complémentaire.
Est-ce que nous voulons voir se développer des chaînes de restaurants qui proposent une alimentation qui a parcouru parfois des milliers de kilomètres, ou des restaurants qui s’approvisionnent essentiellement en produits locaux et de saison ?
Est-ce que nous voulons développer le marché mondial de la vente en ligne qui fonctionne dans des logiques de financiarisation ou celui des librairies indépendantes de quartier qui offrent un vrai service de qualité ? Est-ce que nous voulons faire nos courses dans des grandes surfaces et des grandes enseignes[même supermarché], ou vivre dans des centres-villes animés par les commerces et services de proximité ?
Est-ce que nous voulons plus d’entreprises aux modèles économiques traditionnels ou plus d’entreprises de l’Économie Sociale et Solidaire ?
Qui décide de ce à quoi ressemblera l’économie locale de demain ? Et bien c’est nous, les consommateurs ! Un acte d’achat n’est pas neutre, c’est donner du chiffre d’affaires à une entreprise plutôt qu’à une autre pour qu’elle puisse grandir et se développer.
La monnaie est comme un bulletin de vote, on vote pour un type d’économie ou pour un autre.
Avec les euros, on peut acheter tout et n’importe quoi, et n’importe où, on ne pense donc pas à se poser la question du sens de son acte d’achat. Avec la monnaie locale, on ne peut pas payer
partout. Pour commencer on ne peut dépenser sa monnaie locale que sur un territoire géographique délimité  pour favoriser la relocalisation de l’économie, mais surtout on ne peut dépenser sa monnaie locale qu’auprès d’acteurs choisis, des commerces et services de proximité, des associations, des producteurs, des artisans, des PME locales qui répondent à des critères pour une économie locale, plus solidaire et respectueuse de l’environnement.
En d’autres mots, c’est ce qu’on appelle du Buycott (à contrario du boycott).
Avec la MLC on cherche à modifier les comportements d’achat, [ territoire avec les points, on ajoute des flèches vers qq points] à orienter les choix de consommation pour flécher les flux monétaires
vers certains acteurs que nous voulons voir grandir. ​ Une monnaie locale et complémentaire est un outil pour inciter les particuliers comme les professionnels, à acheter local et responsable !
Les monnaies locales se matérialisent sous la forme de coupons papier mais aussi sous la forme de moyens de paiement électroniques  (virement compte
à compte en ligne, carte de paiement, paiement par application mobile ou paiement sms).
Pour ceux qui découvrent les MLC pour la première fois, vous devez vous demander, mais comment en avoir dans son porte-monnaie ?
Et bien c’est tout simple !Tout d’abord, consultez la carte des MLC en France pour savoir si une MLC circule dans votre ville. Il en existe déjà près de 40 en circulation ! Première étape : adhérer à l’association de votre monnaie locale.
Puis pour obtenir de la monnaie locale et complémentaire, il faut faire du change, changerdes Euros pour des UCL. 1€ = 1 UCL, il y a parfois une légère bonification au change par exemple pour 20 (bureau de change que vous retrouvez sur le site internet de votre monnaie locale), soit vous rechargez votre compte en ligne.
Maintenant que vous avez de la MLC en poche, consultez l’annuaire des prestataires duréseau, c’est à dire ceux qui acceptent la MLC comme moyen de paiement. Vous pouvez, par exemple, faire vos courses en MLC à l’épicerie locavore de votre quartier.
Si vous aviez payé en Euros, l’épicier pourrait dépenser la monnaie encaissée n’importe où. En payant en monnaie locale, vous demandez à l’épicier de faire le même geste que vous, de faire ses
courses auprès d’un fournisseur local pour lui aussi contribuer au développement de l’économie locale. L’épicier utilise la monnaie locale encaissée pour payer son maraîcher local par exemple. Le
maraîcher paye un déjeuner professionnel chez le restaurateur local en MLC. Le restaurateur paye son boucher en MLC. Le boucher paye l’éleveur de bœuf en MLC, et l’éleveur fait ses courses à l’épicerie locale en MLC …
Si un seul billet de 100 circule entre 7 mains c’est l’équivalent de 700 Euros de chiffre d’affaire local généré pour le territoire. C’est la circulation de la monnaie qui crée la richesse !
[euro 2,4 MLC 6 à 12] La vitesse de circulation de l’euro est de 2,4 quand celle d’une MLC est plutôt entre 6 et 12. Ces monnaies sont conçues pour circuler ! Elles n’ont pas de taux d’intérêt positif, si on les épargne elles ne feront pas de petits. Elles ont même parfois un taux d’intérêt négatif, c’est ce qu’on appelle la monnaie fondante. Si vous n’utilisez pas votre monnaie locale, elle perd 2% de sa valeur au bout de 6 mois par exemple. A noter cependant que les professionnels peuvent reconvertir leur MLC en Euros si nécessaire, moyennant souvent un malus, une petite taxe de 5%.
Aujourd’hui, en France, nous sommes plus de 30 000 citoyens à adhérer aux monnaies citoyennes et plus de 26 000entreprises locales et/ou de l’économie sociale et solidaire à accepter les MLC.
Nous vous invitons à découvrir toute la richesse de l’écosystème monétaire français à travers les différents sites des porteurs de projet.

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RafiotCyclé

RafiotCyclé c’est un partenariat avec la Communauté de Communes du Sisteronais-Buëch sur les thématiques du tri des déchets et de l’economie circulaire.
L’action est financé par la Communauté de Communes du Sisteronais-Buëch, la Région Paca, le Conseil Départemental des Hautes-Alpes, Ademe et soutenu par le Parc naturel régional des Baronnies Provençales, la Mairie de Serres et la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et pour l’Homme.
Dans un territoire Zéro Déchet, Zéro gaspillage des associations locales et des écoles s’engagent à nos cotés pour promouvoir la croissance verte.
Rafiotcyclé soufflera en 2018 sa cinquième bougies.
Le public a répondu en 2017 avec environ 2000 personnes présentes sur le site pendant le week-end (public, équipes, bénévoles).
Par son concept RafiotCyclé a suscité un grand intérêts au coté des média (voirDossier de presse).
La Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et pour l’Homme a décerné pour la deuxième année le coup de cœur, un soutien moral.
Un site dédie a été créé en 2014 : http://www.rafiotcycle.com

la video de la 4ème edition
https://vimeo.com/225209064

 

La Présidente de l’association Espace Plaine
Monica Ricchini
www.espaceplaine.com
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Les monnaies locales complémentaires

Nous n’évoquerons pas ici  toutes les monnaies locales complémentaires au monde.

De nombreuses monnaies complémentaires existent : les bons d’achat, les points fidélités sont en fait des monnaies complémentaires !
Mais suffisamment éloigné de nos valeurs pour la plupart d’entre eux pour ne pas en parler ! Nous nous
focalisons donc sur les monnaies locales complémentaires, un des outils de résilience possible de notre système
économique.
À votre avis, quand est apparue la première monnaie sociale complémentaire ? Il y a 5 ans, 10 ans, 50 ans,…
Découvrez la réponse à cette question dans l’image interactive suivante, avec son histoire. 3 autres histoires plus
récentes accompagnent cette découverte de l’historique des monnaies locales complémentaires dans le monde et
à travers les âges !
Au cours de votre découverte, notez les résultats des différentes monnaies sur la régénération de l’économie
locale : l’économie est-elle dynamisée 2, 6 ou 12 fois plus vite qu’avec une monnaie unique ?

 

 Quelques exemples de monnaies locales complémentaires à travers le monde et le temps.

(Passez votre souris sur l’image et cliquez sur les ronds blancs)

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Pourquoi créer une Monnaie Locale Complémentaire (Citoyenne) ?

Pour répondre à cette question Frédéric Bosqué nous montre les dérives du système financier actuel d’une manière simple :

“La monnaie est aux citoyens ce que l’eau est aux poissons, ils n’ont pas conscience que sa qualité peut les tuer ou les émanciper.”

Nous aurons l’occasion de revenir sur le rôle d’une MLCC (Monnaie Locale Complémentaire) et (Citoyenne) ; pour le moment nous vous invitons à visionner la vidéo suivante.


« Il n’y a de monnaie que parce qu’il y a un espace de confiance où à la fois les acteurs accordent de la confiance à la monnaie et ont un minimum de confiance entre eux. Donc on ne peut pas dissocier la monnaie de la confiance et c’est pour cela que la monnaie est un lien essentiellement politique (…) parce que la communauté de confiance par excellence est une communauté politique »

                                                                                  Patrick Viveret.

 

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