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C’est quoi une monnaie locale complémentaire ? Comment ça marche ?

Par Anne-Cécile Ragot


Parcours MLC – Comment fonctionne une MLC _ – Anne-Cécile Ragot from Samuel Revelard on Vimeo.

 

Quelle économie locale souhaitons-nous voir se développer ou se renforcer sur notre territoire?

C’est la question essentielle qui se cache derrière un projet de monnaie locale et complémentaire.
Est-ce que nous voulons voir se développer des chaînes de restaurants qui proposent une alimentation qui a parcouru parfois des milliers de kilomètres, ou des restaurants qui s’approvisionnent essentiellement en produits locaux et de saison ?
Est-ce que nous voulons développer le marché mondial de la vente en ligne qui fonctionne dans des logiques de financiarisation ou celui des librairies indépendantes de quartier qui offrent un vrai service de qualité ? Est-ce que nous voulons faire nos courses dans des grandes surfaces et des grandes enseignes[même supermarché], ou vivre dans des centres-villes animés par les commerces et services de proximité ?
Est-ce que nous voulons plus d’entreprises aux modèles économiques traditionnels ou plus d’entreprises de l’Économie Sociale et Solidaire ?
Qui décide de ce à quoi ressemblera l’économie locale de demain ? Et bien c’est nous, les consommateurs ! Un acte d’achat n’est pas neutre, c’est donner du chiffre d’affaires à une entreprise plutôt qu’à une autre pour qu’elle puisse grandir et se développer.
La monnaie est comme un bulletin de vote, on vote pour un type d’économie ou pour un autre.
Avec les euros, on peut acheter tout et n’importe quoi, et n’importe où, on ne pense donc pas à se poser la question du sens de son acte d’achat. Avec la monnaie locale, on ne peut pas payer
partout. Pour commencer on ne peut dépenser sa monnaie locale que sur un territoire géographique délimité  pour favoriser la relocalisation de l’économie, mais surtout on ne peut dépenser sa monnaie locale qu’auprès d’acteurs choisis, des commerces et services de proximité, des associations, des producteurs, des artisans, des PME locales qui répondent à des critères pour une économie locale, plus solidaire et respectueuse de l’environnement.
En d’autres mots, c’est ce qu’on appelle du Buycott (à contrario du boycott).
Avec la MLC on cherche à modifier les comportements d’achat, [ territoire avec les points, on ajoute des flèches vers qq points] à orienter les choix de consommation pour flécher les flux monétaires
vers certains acteurs que nous voulons voir grandir. ​ Une monnaie locale et complémentaire est un outil pour inciter les particuliers comme les professionnels, à acheter local et responsable !
Les monnaies locales se matérialisent sous la forme de coupons papier mais aussi sous la forme de moyens de paiement électroniques  (virement compte
à compte en ligne, carte de paiement, paiement par application mobile ou paiement sms).
Pour ceux qui découvrent les MLC pour la première fois, vous devez vous demander, mais comment en avoir dans son porte-monnaie ?
Et bien c’est tout simple !Tout d’abord, consultez la carte des MLC en France pour savoir si une MLC circule dans votre ville. Il en existe déjà près de 40 en circulation ! Première étape : adhérer à l’association de votre monnaie locale.
Puis pour obtenir de la monnaie locale et complémentaire, il faut faire du change, changerdes Euros pour des UCL. 1€ = 1 UCL, il y a parfois une légère bonification au change par exemple pour 20 (bureau de change que vous retrouvez sur le site internet de votre monnaie locale), soit vous rechargez votre compte en ligne.
Maintenant que vous avez de la MLC en poche, consultez l’annuaire des prestataires duréseau, c’est à dire ceux qui acceptent la MLC comme moyen de paiement. Vous pouvez, par exemple, faire vos courses en MLC à l’épicerie locavore de votre quartier.
Si vous aviez payé en Euros, l’épicier pourrait dépenser la monnaie encaissée n’importe où. En payant en monnaie locale, vous demandez à l’épicier de faire le même geste que vous, de faire ses
courses auprès d’un fournisseur local pour lui aussi contribuer au développement de l’économie locale. L’épicier utilise la monnaie locale encaissée pour payer son maraîcher local par exemple. Le
maraîcher paye un déjeuner professionnel chez le restaurateur local en MLC. Le restaurateur paye son boucher en MLC. Le boucher paye l’éleveur de bœuf en MLC, et l’éleveur fait ses courses à l’épicerie locale en MLC …
Si un seul billet de 100 circule entre 7 mains c’est l’équivalent de 700 Euros de chiffre d’affaire local généré pour le territoire. C’est la circulation de la monnaie qui crée la richesse !
[euro 2,4 MLC 6 à 12] La vitesse de circulation de l’euro est de 2,4 quand celle d’une MLC est plutôt entre 6 et 12. Ces monnaies sont conçues pour circuler ! Elles n’ont pas de taux d’intérêt positif, si on les épargne elles ne feront pas de petits. Elles ont même parfois un taux d’intérêt négatif, c’est ce qu’on appelle la monnaie fondante. Si vous n’utilisez pas votre monnaie locale, elle perd 2% de sa valeur au bout de 6 mois par exemple. A noter cependant que les professionnels peuvent reconvertir leur MLC en Euros si nécessaire, moyennant souvent un malus, une petite taxe de 5%.
Aujourd’hui, en France, nous sommes plus de 30 000 citoyens à adhérer aux monnaies citoyennes et plus de 26 000entreprises locales et/ou de l’économie sociale et solidaire à accepter les MLC.
Nous vous invitons à découvrir toute la richesse de l’écosystème monétaire français à travers les différents sites des porteurs de projet.

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